

PAR LIONEL MARÉCHAL
maubeuge@lavoixdunord.fr Il y a une chose qui vous marque lorsque vous entrez dans la maison familiale des Bouaita, à Louvroil. Deux gants et moult photographies, médailles et coupes font comprendre, qu'ici, la boxe, c'est sacré. Rachid et Salem y sont pour beaucoup. Les frères jumeaux ont en effet écrit les plus belles pages du noble art sambrien. « C'est notre père, Hamou, qui nous a inscrits au Boxing-sport (BS) de Louvroil, indiquent les frères c'était en 1982, nous avions huit ans. »
Un club créé dans les années 40 et qui avait déjà « sorti » de bons boxeurs comme les Moulun, Hassani... mais le meilleur restait à venir. Le premier à se mettre en évidence fut Rachid. Champion de France scolaire (UNSS) en 1988, il enchaînera les victoires, notamment de champion de France amateurs (juniors et seniors) et participera à 5 championnats d'Europe, 4 championnats du Monde et 2 Olympiades (il finira 5e du tournoi en 1996 à Atlanta). « Je n'ai jamais eu de chance, c'est toujours le vainqueur qui m'a éliminé », en sourit-il maintenant. Passé professionnel en 2000, Rachid Bouaita raccrochera les gants en 2002 pour entraîner son jumeau, lui aussi promis à un bel avenir.
Professionnel depuis 1997, Salem a remporté plusieurs titres de champions et de la coupe de France, de l'Union européenne en 2005, remis et perdu il y a dix jours en Angleterre.
« Ce furent de belles années mais au prix de sacrifices énormes, reconnaissent les deux hommes. De plus, on ne vit pas de la boxe il faut être champion du Monde pour cela ! » La vie des Bouaita s'est donc résumée à de l'entraînement, « 4 heures minimum tous les jours de l'année en plus du boulot » - si Rachid a été pris en charge par l'équipe de France, Salem est employé municipal à Louvroil. D'autant que le noble art a changé... « Dans nos petites catégories (coqs, « moins de 56 kg »), tout a évolué, confie Rachid Bouaita. C'est fini le temps où l'on recherchait le "coup dur" à tout prix. La boxe est plus que jamais un sport d'intelligence. Tactique, physique, étude de l'adversaire, expérience... rien n'est laissé au hasard car il faut être vigilant jusqu'à la dernière seconde ». Et d'ajouter : « C'est une école de la vie où le respect de l'autre, de soi, est primordial ».
Personne ne dira le contraire tant les Bouaita, gentlemen de la boxe, font l'unanimité. D'abord pour leur gentillesse. Alors, forcément, quand Salem a dit qu'il arrêtait sa carrière, ça a fait réagir ses supporters... qui l'ont semble-t-il convaincu de remonter sur le ring pour un dernier championnat de France d'ici à la fin de l'année. À Louvroil ?
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