

Guy Delcourt, maire de Lens, et Jack Lang en septembre2006, lors des « chantiers du Parti socialiste du Pas-de-Calais». : La Voix du Nord > François Hollande, Ségolène Royal ou Julien Dray ont eu des propos très durs à son endroit, ce dernier estimant même que le député du Pas-de-Calais n'avait « plus sa place dans notre famille ».
VDans un long entretien accordé à « La Voix du Nord », l'ancien ministre sous Mitterrand et Jospin s'explique. Il se dit prêt à se rendre devant les élus et militants de la région pour se justifier.
PROPOS RECUEILLISPAR HERVÉ FAVRE
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PHOTO ARCHIVES MAX ROSEREAU - Depuis hier soir, vous voilà placé au banc des accusés par le PS... « Quand je traverse une petite tempête comme celle-là, je pense toujours à François Mitterrand, à l'exemple de la sérénité qu'il donnait dans ces situations. Sérénité mais pas indifférence. » - Les militants et les élus de la région sont pour le moins troublés par votre vote.
« Je comprends qu'ils ne comprennent pas. Je respecte ces militants et je me rendrai sur place. Je suis prêt à venir devant les élus et les sections qui m'inviteraient pour m'expliquer. Je pense que l'opposition ne peut être pleinement percutante et efficace que si elle réussit à la fois à être forte mais rigoureuse. Sur tous les fronts qui touchent à la vie quotidienne des Français, nous devons être pugnaces et sans merci. Sur certains sujets nous ne le sommes pas assez. » - Lesquels ?
« Reproche pour reproche, j'observe qu'en ce moment, le gouvernement s'attaque à l'école, un marqueur de la gauche. Les élus locaux protestent. mais avez-vous entendu un dirigeant national - en dehors de Martine Aubry dans sa contribution - expliquer au pays en quoi et comment le plan Darcos est un plan d'appauvrissement de l'école ? Sur ce sujet je me suis trouvé trop seul. » - Sur la Constitution aussi. Pourquoi cette singularité ?
« Il y a des questions qui par nature peuvent faire l'objet de convergences : la politique internationale - on l'a vu pour l'Irak en 2003 - mais aussi les institutions de la République. Traditionnellement la droite et la gauche s'efforcent de trouver un chemin commun. Lorsque Jospin a proposé le quinquennat, droite et gauche ont approuvé. Lorsque Chirac a proposé la loi sur la laïcité, nous l'avons adoptée à l'unanimité. Sur cette réforme institutionnelle, je dis et je redis que les propositions prennent une partie de leurs inspirations dans nos propres idées. La saisine du Conseil constitutionnel par les citoyens ? Proposition de François Mitterrand en 1989. La création d'un défenseur des droits des citoyens ? Proposition de Lionel Jospin en 1996. C'est dans le texte, comme les droits de l'opposition, ou encore le référendum d'initiative populaire. » - Le PS n'a donc voté que contre Sarkozy ?
« Dès le mois de juillet 2007 et la création de la commission Balladur, François Hollande a manifesté son opposition. Je respecte sa stratégie d'opposition frontale, directe, mais je n'accepte pas dans la vie politique qu'on se tape dessus et qu'on ne se respecte pas les uns les autres.
» - Il vous demande de prendre vos responsabilités. Allez-vous vous mettre en congé du parti ?
« Il faudrait déjà que les esprits s'apaisent. J'appartiens à la gauche depuis l'âge de 15 ans. Je continue à porter ses valeurs. Je crois avoir été toujours solidaire de toutes nos décisions. Lors de la dernière campagne présidentielle, les dirigeants n'étaient pas si nombreux à soutenir jour et nuit la candidate. Je bénéficie de la confiance populaire. 80 % des Français approuvent la réforme.
Il n'est du pouvoir d'aucune personne ou instance de décider de me rayer de la carte du paysage politique français ! Je suis prêt à me faire engueuler, à reconnaître mes erreurs. Mais en retour j'aimerais que les dirigeants nationaux balaient devant leur porte. Je prendrai un seul exemple. Notre ex-candidate qui utilise à mon endroit des mots qui je l'espère dépassent sa pensée. Pendant sa campagne, quel bureau national, quel conseil national quel congrès lui avait donné le feu vert pour négocier entre les deux tours avec François Bayrou et le solliciter pour être Premier ministre ? Ce n'était pas conforme à notre doctrine et à notre vision de l'union de la gauche. C'est beaucoup plus important que la question du moment. Quand Julien Dray a voté en 1991 contre François Mitterrand au moment de la guerre du Golfe, était-il en conformité avec les règles du parti ? On peut comprendre qu'il y ait des clauses de conscience. Eh bien moi, je revendique aussi une clause de conscience. et je pense qu'on verra, lorsque ce texte commencera à être appliqué concrètement, les droits nouveaux à la disposition de l'opposition et qui permettront à la gauche d'être beaucoup plus présente donc beaucoup plus influente. » > Lire aussi en page 34.
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